Transmettre la foi aux adultes
2è colloque de la catéchèse biblique
par le jeu et les symboles
8 juin 2007
Vous avez choisi comme thème de votre colloque: transmettre la foi aux adultes. Il y a 25 ans, dans notre milieu, ce thème n'était pas retenu fréquemment dans nos rencontres portant sur la transmission de la foi. On parlait de confessionnalité, de contenus de programme à l'intention des jeunes. En 1982, j'étais membre du comité catholique du Conseil supérieur de l'éducation; on étudiait alors la question de l'option entre l'enseignement religieux confessionnel et l'enseignement moral. On fait figure de dinosaure en évoquant pareil souvenir.
Mgr Claude Dagens, l'évêque d'Angoulême, en présentant le rapport des évêques de France qui portait comme titre: « La proposition de la foi dans la société actuelle » (en 1999, nous, les évêques du Québec, publions un document: « Annoncer l'Évangile dans la culture actuelle au Québec »), disait: « À la base de notre travail, il n'y a eu aucune stratégie... Il y a eu avant tout une volonté :la volonté de pratiquer un discernement réaliste au sujet de la situation de la foi chrétienne dans notre société ».
En jetant un coup d'oeil sur la situation de notre Église et aussi de la société d'ici, il devient évident que la proposition de la foi doit cibler, non pas de façon exclusive mais sans doute de façon privilégiée, les adultes. Je lisais récemment: « L a catéchèse des adultes est la principale forme de la catéchèse parce qu'elle s'adresse à des personnes qui ont les plus grandes responsabilités et la capacité de vivre le message chrétien sous sa forme pleinement développée ». (Jean-Paul II, Catechesi Tradendae, 43).
Dans une Église de chrétienté, celle que nous avons connue, la transmission aux adultes se faisait surtout au cours des célébrations de la vie paroissiale et dans les mouvements. Il y avait suffisamment de transmission aux adultes pour que cela se répercute chez les enfants. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, bien sûr.
La transmission aux jeunes est nécessaire mais à elle seule, elle ne contribuera que peu à la transformation de notre Église. Il faut que les pôles structurants de la société soient transformés pour que la société le soit. D'autant plus que la société actuelle est confrontée à des enjeux qui dépassent la « responsabilité » des plus jeunes. Pensons à toutes les questions qui touchent à la vie, l'euthanasie, par exemple. On en arrive, à la limite, à ce qu'Henri Derroitte appelle le déplacement des priorités. Faut-il aller aussi loin que désinvestir dans l'accompagnement des enfants et des jeunes et donner la priorité à la catéchèse des adultes? La question mérite certainement d'être posée.
Il est étonnant le chemin parcouru dans notre réflexion sur la catéchèse depuis une quinzaine d'années. Les évènements ont provoqué des virages pour lesquels il fallait trouver un rationnel. Ce qui nous a permis de passer, selon l'expression que nous trouvons dans la brochure: « Proposer aujourd'hui la foi aux jeunes », du rêve brisée à l'espérance retrouvée.
Chers amis, vous êtes engagés en catéchèse comme formateurs, comme catéchètes à des niveaux divers. L'expérience qui est la vôtre est déjà précieuse dans la recherche que nous menons tous, à des degrés divers et selon nos responsabilités propres, d'une voie renouvelée pour proposer Jésus-Christ au monde. Merci de votre apport.
†André Gaumond
Archevêque de Sherbrooke
Le 8 juin 2007
Lettres 