Le Cimetière Saint-Michel est une entité sans but lucratif, propriété de la
Corporation archiépiscopale de Sherbrooke. Au service de la population
sherbrookoise, il offre depuis plus d'un siècle des lots pour une ou plusieurs
personnes. Construit en 1986, le Columbarium abrite des niches dans lesquelles
sont déposées les urnes cinéraires. Un Mausolée abrite depuis 1993 un ensemble ¸
d'enfeus destinés à recevoir les cercueils. Inauguré le 12 septembre 1999,
le centre administratif abrite un second Columbarium et deux chapelles.
PREMIER CIMETIÈRE
Selon certaines dates déjà évoquées dans nos racines, on se souvient que la
chapelle catholique de Sherbrooke fut construite en 1826, précisément à la place
de l'aile gauche du Séminaire. La façade était tournée vers le St-François et
c'est à l'arrière de cette chapelle St-Colomban, que l'on commença en 1827 à
inhumer des corps.
DEUXIÈME CIMETIÈRE
Il n'est donc pas surprenant de lire qu'en 1855, le cimetière était déjà si
encombré qu'il fallait prendre des mesures pour s'en procurer un autre.
D'ailleurs, on avait besoin de ce terrain pour "L'institut Littéraire" qui
deviendra le Séminaire St-Charles Borromée. Le seul terrain disponible et
convenable pour un cimetière était situé près du cimetière protestant, sur
la rue Belvédère "de la contenance de trois acres et quelques perches". Le 22
septembre 1855, le missionnaire de Sherbrooke, Monsieur l'abbé A.E Dufresne,
au nom de Mgr Jean-Charles Prince, évêque de Saint-Hyacinthe, acheta donc de la
Compagnie des Terres, le terrain de deux acres et un tiers, situé sur la rue
Belvédère. Après l'avoir convenablement préparé, il le bénit solennellement
le 12 novembre 1857.
TROISIÈME CIMETIÈRE
Comme le premier, ce cimetière n'était pas exclusivement pour Sherbrooke, mais
aussi pour toutes les missions adjacentes qui n'en possédaient pas encore. Il se
remplit tellement vite que depuis quelques années, il devenait urgent de faire
l'acquisition d'un troisième cimetière, mais assez grand cette fois pour répondre
aux besoins de la population d'une ville qui ne peut qu'augmenter. En conséquence,
dans le mois de mai 1882, les paroissiens, formèrent un comité composé de sept
membres, auquel cette affaire fut confiée. Après plusieurs mois de recherches,
le comité arrêta son choix sur le terrain appartenant à Mlle Eliza Terril, et
il en acheta 50 acres.
Dans ce nouveau contrat, il s'agissait du quart du lot
22 dans le Rang VII d'Ascot, district de Saint-François. C'est M.Georges E. Rioux,
l'un des syndics qui proposa que le nom du terrain acheté pour le cimetière soit
connu sous le nom de Cimetière Saint-Michel. Une première partie fut d'abord
préparée puis l'on sépara ce terrain en forme de croix par deux grandes allées.
Le dimanche 12 août 1883, à 3 heures de l'après-midi, avait lieu la bénédiction
solennelle par Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke. Le sermon en français
fut donné par Mgr l'Évêque et celui en anglais par Messire A.E Dufresne, alors
vicaire général du diocèse.
Le 18 mai 1902, Mgr Paul Larocque préside à l'érection des stations du Chemin de
la Croix au Cimetière Saint-Michel de Sherbrooke. Le journal La Patrie, du samedi
24 mai 1902 souligne cet événement avec détails
intéressants.Ce dimanche 18 mai 1902, la population catholique des paroisses
St-Michel, St-jean-Baptiste et St-patrice de Sherbrooke était témoin d'une belle
fête religieuse. Il s'agissait de l'érection d'un chemin de Croix, don des
tertiaires et quelques citoyens de la ville.
Plus de 4000 personnes de tout âge et de toute condition se trouvaient disséminées
sur les lieux dans un grand recueillement. La cérémonie commença par un éloquent
et instructif sermon prononcé par Mgr E.C Tanguay, procureur du Séminaire. Ayant
séjourné près de deux ans à Jérusalem, celui-ci pouvait fournir maints détails
sur l'origine du Chemin de la croix parcouru par Jésus lui-même, comme sur les
étapes de cette dévolution à travers les âges. Dans un tel climat, se fit ensuite
le chemin de la Croix alors que l'on déposait les tableaux bénits à chacune des
stations.
Encore aujourd'hui l'on peut voir ce beau et solide chemin de croix dont
chaque station peut être décrite. Les tableaux ont été importés d'une célèbre
maison de Belgique. Les bases en granit sont du travail de M.Kelly marbrier de
Sherbrooke.
DU HAUT DE LA CROIX
Le 1er novembre 1904, c'était la bénédiction cette fois du "Calvaire", présidée
par Mgr Paul Larocque. L'abbé Elie Auclair donnait alors le sermon de circonstance.
Qui n'a pas en ces lieux un être cher? Des connaissances ? Des amis ? Qui n'a pas
regardé ce Christ en croix venu lui-même vivre ce passage ouvrant sur l'éternel?