Informé que divers groupes entreprennent
des démarches en vue de solliciter des interventions
aux rassemblements dominicaux pour contester le programme Éthique
et culture religieuse , j'ai jugé opportun de
vous partager certaines convictions.
L'AECQ
et le nouveau programme
La position de l'Assemblée des évêques
catholiques du Québec est désormais connue.
Ainsi, dans leur déclaration du 17 mars dernier, nos
pasteurs indiquent que, face à ce programme, ils ont
choisi de maintenir une attitude critique et vigilante. Pour
ce faire, ils n'ont pas choisi la voie de la confrontation
mais bien celle du dialogue avec les autorités étatiques.
Ainsi, leur premier geste a été l'envoi d'une
lettre bien documentée à madame Michelle Courchesne,
Ministre de l'éducation, du loisir et du sport.
Une vigilance bien informée
et un ton modéré
La lettre évoquée ci-dessus
est le fruit d'une étude exhaustive du programme par
divers comités et par les évêques eux-mêmes.
Le ton de ce document est modéré : les paragraphes
conclusifs livrent l'état d'esprit que la majorité des évêques
veut adopter. On peut y lire :
Ces remarques vous sont
soumises, madame la Ministre, avec le souci de contribuer
nous aussi à la poursuite des finalités du
programme ECR : la reconnaissance mutuelle et la poursuite
du bien commun.
Des recours inopportuns
La contestation du programme Éthique
et culture religieuse est une avenue que les évêques
ont jugée infructueuse. De plus, ils notent au sujet
des exemptions prévues par la Loi de l'instruction
publique « qu'il s'agit d'un ultime recours à utiliser
avec circonspection ».
Une attitude pastorale
à l'égard des parents
inquiets
Face aux parents inquiets de ce que leurs
enfants entendront dans un tel programme, nous pouvons les
aider à s'apaiser et à canaliser leurs énergies.
Pour favoriser un certain discernement, quelques questions
peuvent être pertinentes ici. Est-il réaliste
de penser que l'État québécois va permettre
un retour de l'enseignement confessionnel? Que feront les
enfants qui seront « exemptés » des
cours d'Éthique et culture religieuse? Pouvons-nous
faire assez confiance à l'intelligence des jeunes
en estimant qu'ils seront capables d'assimiler les contenus
du nouveau programme et effectuer les discernements propres à leur âge
comme ils le font dans d'autres domaines? Comment pourrions-nous
nous investir dans la poursuite des objectifs humainement
défendables du nouveau programme et aussi dans la
catéchèse en paroisse où l'on forme
les disciples de Jésus Christ?
Notre ministère ici et maintenant
Les prochaines années seront des
années de transition où nous aurons à exercer
notre ministère avec sagesse et confiance. Nos principaux
défis ne sont pas du côté de la contestation
tous azimuts d'un programme dont les visées ultimes
sont un meilleur vivre ensemble et une vie sociale plus harmonieuse.
Notre raison d'être consiste à annoncer la Bonne
Nouvelle aux personnes qui la connaissent trop peu et à soutenir
celles et ceux qui veulent découvrir la foi en Jésus
Christ et la vie de l'Église : la vie multiforme des
communautés chrétiennes et la catéchèse
mise en place dans les paroisses sont des lieux privilégiés
pour accomplir l'oeuvre d'évangélisation confiée à notre Église.
Je vous invite à poursuivre vos efforts en ce sens.
Je vous rappelle que les membres de l'équipe
des Services à l'éducation de la foi sont à votre
disposition pour répondre à vos questions sur
l'un ou l'autre des sujets évoqués plus haut.
Espérant que ces divers éléments vous éclaireront
dans les décisions que vous aurez à prendre,
je vous transmets mes salutations les plus cordiales.
Roger Roy, v.g.,
vicaire général et
coordonnateur
de la pastorale diocésaine
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